ÊTRE JUIFS

Preciada Azancot, Août 2014

Justement parce que je déteste le machisme et le féminisme (à part égale), j´adore l´Homme et j’adore les hommes qui adorent la Femme. J’ai des tas d’idées sur ce thème, des tas de conclusions, d´anecdotes et d’expériences. Et j’en arrive toujours au même point : j’aime être femme et j’adore l´homme. L’amitié a toujours été la voute maitresse de ma vie et presque tous mes amis sont des hommes. Mes amies femmes sont toutes très femmes aussi.

C´est quoi être une femme pour moi? C´est assumer -avec fierté et gratitude- les valeurs dites traditionnellement “féminines” (respect, harmonie, justice, sens sacré de la corporalité, amour et dévotion) et avoir conquis et même privilégié en soi (dans le sens de ne permettre à quiconque de les soumettre à des relations de pouvoir) les vertus dites “masculines” (intelligence et effort, dignité et don créateur et civilisateur et surtout joie, sexe et spiritualité). Pour moi, au niveau collectif, la Diaspora représente la part Femme et Israël la part Homme. Evidemment je suis très diasporique, car mon aimé est Israël.

Ainsi, une relation d´amour (l´amitié l´est et plus définitive dans le temps que la passion sentimentale que seule l´amitié peut sauver), c´est se sentir à sauf et protégés car l´autre -ainsi que toi-même- t´aime pour ces sens d´identités biologiques que tu as su assumer et préserver et t´admire et jouit de ton existence par la dimension que tu as su conquérir et privilégier, dedans et dehors.

 La revelacion del Sinai por Preciada Azancot

Bizarrement (pour les mentalités externes), pour moi c’est la réalisation suprême de l’identité juive: la garantie que la Shéjiná ne soit jamais en exil (ni dedans, ni dehors). L’étoile de David symbolise cette harmonie entre les deux dimensions féminines et masculines et si elles ne sont pas intégrées intérieurement, les relations sentimentales et affectives sont condamnées à être toujours SYMBIOTIQUES c.a.d. la mutuelle soumission entre deux amputés du meilleur de soi-même et jamais FUSIONNELLES, c.a.d vibrer sur la même fréquence (musique, oui) entre deux plénitudes assoiffées de se livrer l’un à l’autre afin d´être plus soi-même et plus réalisé, mais surtout afin de contempler avec extase la plénitude de l’autre. Difficile, voire impossible? Heureusement, car c’est cette tension qui fait l’intérêt et qui aussi garantit la paix. D´où pour moi, la nécessité d’espace vital propre.

Immédiatement après cette fusion des contraires (dont le symbole biblique est pour moi l’Escalier de Jacob et la cause réelle de son nom Israël), être Juif, pour moi, c’est assumer la promesse faite au Créateur : mériter et assumer d´être ce peuple élu “pour être un peuple de prêtres”, c.a.d. de défenseurs des Lois qui régissent vraiment la Création dans une révélation progressive, donc objective. Le destin et la mission du peuple Juif a toujours été donc d’être un peuple de civilisateurs, le gardien d’une CRÉATION (toujours provisoirement parfaite, car reflet de l’Eternité) EN ÉVOLUTION. Préserver et prendre soin de la Création et AIDER à son Evolution (en trouvant des chemins objectifs et universels) est le signe d’identité le plus incontesté de l’histoire du peuple juif. C´est la seule chose qui explique qu´une minorité si infime numériquement ait toujours produit les grands sauts d´évolution de l’humanité, que ce soit sur le plan spirituel, social, conceptuel, scientifique ou économique. Nous sommes responsables, en toute dignité et objectivité, de plus d´un 75% des bonds de l’évolution de cette planète. Depuis notre promesse et j’espère, à jamais.

A continuation, être juif, pour moi, est cet AMOUR et solidarité instinctivement tendre et ardente pour les membres de son peuple, de sa tribu, de son ethnie, de sa famille, de son sang, et s´il en reste un peu, de soi-même. C’est quelque chose de précieux et de merveilleux, de toujours garanti et de toujours présent. Dans le ghetto et hors de lui. C’est l´amour tendre, l´amour à résonnance universelle et océanique, mais touchant, émouvant, douillet, immense mais qui se condense dans un micro-climat qui nous protège et nous préserve que l´on s’éloigne du nid ou pas, qu´on ait jouit d’avoir eu cet amour d’enfance ou pas. Car il est aussi la boussole qui nous fait trouver toujours le retour vers le nôtre (nid), vers soi-même mais surtout vers l’aimé. Shalom est son nom.

De plus, être juif devient inévitablement le goût de se vouer au culte de la Mémoire, et donc garantit une intelligence honnête, claire et toujours en éveil.

Et enfin, être Juif, pour moi, c’est cet humour sérieux et surprenant, parce qu’il nait dans la pire des situations, dans le tragique et dans l’absurde, dans l’injustice et dans la menace de guerre. Cet humour qui est une autodérision, TOUJOURS, car on a « FAILLI » se prendre trop au sérieux et qui est notre plus solide cuirasse car ce n´est qu´en regardant le ciel, au-delà du soleil, au-delà des étoiles, que, par le rire la guerre et la destruction se rendent impossible, d’où la peur d’être éliminés est impossible par ailleurs. Et ceci s´appelle ESPOIR.

Preciada Azancot, Août 2014

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